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Avec la digitalisation, les achats changent de dimension

Face à la transformation digitale qui bouleverse les entreprises, les achats doivent accompagner les autres fonctions dans une approche transverse et renforcer leurs propres outils. Il en découle une modification des organisations et des processus, qui n’en est qu’à ses prémices.

CDAF-2016Lundi 23 mai, le Conseil national des achats (CDAF) organisait les premières Universités dédiées aux enjeux et problématiques de la profession. Devant un parterre de quelques 800 personnes, réunies dans le grand amphithéâtre du Palais des congrès d’Issy-les-Moulineaux, Marc Sauvage, le président de la principale association professionnelle d’acheteurs en France, a ouvert les débats en insistant sur les profondes mutations que continue d’opérer la fonction pour gagner en efficacité dans un contexte de crise économique mondiale. Comment ? En poursuivant sa professionnalisation, sa modernisation, sa digitalisation. « Les achats deviennent aussi des acteurs de la transformation digitale des organisations », a-t-il ajouté. « Dans une économie marquée par la rupture de confiance, le renforcement des capacités de collaboration et la fluidification des relations interentreprises, à l’aide d’outils comme la facturation électronique et le reverse factoring, sont devenus cruciaux », a aussitôt illustré Thibault Lanxade, lors de la première table ronde venue dresser l’état des lieux général. « Certes, les enjeux de la digitalisation ne sont encore bien compris par tous les chefs d’entreprise, et donc peu intégrés dans leur stratégie », a poursuivi le vice-président du Medef en charge des TPE-PME. « Mais les achats ont un rôle important à jouer pour faciliter et accompagner le mouvement ».

Avant que l’auditoire s’éparpille dans la douzaine d’ateliers mettant eux-aussi largement l’accent sur les mutations digitales et le développement des systèmes d’information, la seconde table ronde s’est intéressée au regard porté sur les achats par les autres fonctions : direction générale, finances, ressources humaines, etc. Citant comme qualités « l’ouverture » (Christophe de Maistre, Siemens France), « l’intelligence relationnelle » (Marie-Luce Godinot, Bouygues Construction) ou « la capacité à délivrer tous les ans les économies attendues » (Jean-Philippe Grégoire, Fraikin), les intervenants ont convenu que les achats et le métier d’acheteur avaient beaucoup évolués. Mais aussi que la digitalisation forçait à revoir les modèles, les processus, les organisations. « La fonction achats est aujourd’hui entrée dans une logique de structuration de filière, de développement des relations interentreprises pour favoriser l’open innovation », a détaillé Christophe de Maistre. Avec une précision d’Albert Varenne (Airbus), depuis la salle : « Après avoir cherché à sourcer les meilleurs fournisseurs, désormais partagés par toute la filière, le but est aujourd’hui de devenir leur meilleur client ». L’autre enjeu des achats consiste à établir et renforcer les liens avec les fonctions connexes dans l’entreprise, comme la direction commerciale pour mieux tenir compte des demandes des clients finaux, ou la supply chain pour optimiser les délais de livraison.

Parmi les trois ateliers sur des thématiques numériques, l’un a détaillé encore davantage l’apport des directions des achats dans la transformation digitale des organisations. Avec le déploiement des applications mobiles, des réseaux sociaux, des objets connectés, de l’e-commerce, etc., il est impératif que la fonction évolue en même temps que ses interlocuteurs, pour se mettre à niveau et rester capable d’apporter de la valeur dans chacune des activités de l’entreprise. La digitalisation modifie également les pratiques d’achat, autour de nouveaux enjeux pour identifier des start-up, pour raisonner en engagements de résultats plutôt que de moyens, pour maîtriser les risques dans la conduite des projets. Les achats doivent enfin apporter une vision transverse pour favoriser une approche globale (fonctionnelle, géographique, etc.) et une synergie technique. Les deux autres ateliers portaient davantage sur la digitalisation de la fonction achats elle-même, présentant pour l’une les meilleures pratiques du procure-to-pay, pour l’autre les nouveaux enjeux des systèmes d’information achats. Dans les deux cas, rien de bien nouveau. Si ce n’est l’importance croissante accordée à l’ergonomie des outils et, plus globalement, à l’accompagnement pour favoriser l’adoption par les utilisateurs.      

Le palmarès des Cristals des Achats

Relation fournisseurs : SNCF
Business Partner de l’entreprise : Hospices civils de Lyon
Excellence achats : Avana Rabeony
Transformation de la fonction : Schaeffler
Prix des régions : Cannelle et Piment
Direction des achats de l’année : ADP
Coup de cœur du jury : Axa

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