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Le Supply chain financing s’invite dans l’e-achat

Dans son prolongement vers la finance, le système d’information achats intègre des fonctionnalités permettant de réduire le risque fournisseurs tout en générant des gains supplémentaires. De plus en plus d’éditeurs proposent des solutions de gestion du Reverse factoring et de Dynamic discounting.

supply-chainDepuis quelques années, la « financiarisation » de la fonction achats, et donc de ses outils, est en marche. Tout à tour, les principaux éditeurs du marché de l’e-achat intègrent des services de paiement pour aider les donneurs d’ordre à prévenir le risque de défaillance financière de leurs fournisseurs, notamment les plus fragiles. Comment ? En réduisant au maximum les délais de règlement. Ces offres de « Supply chain financing » trouveraient un certain écho auprès des donneurs d’ordre : le besoin de liquidités dans un contexte de crise chronique, combiné à un accès plus difficile au crédit, serait la principale explication. En France, la LME (Loi de modernisation de l’économie) aurait également stimulé le marché. Sans oublier la montée en maturité des achats, plus à l’écoute des fournisseurs et sensibles aux nouveaux leviers d’optimisation de leur performance.

Dans ce mouvement d’ouverture fonctionnelle, deux types de services ont particulièrement le vent en poupe : le « Reverse factoring », d’une part, le « Dynamic discounting », d’autre part. Forme inverse de l’affacturage traditionnel, le Reverse factoring repose sur un principe simple : à la demande du donneur d’ordre, un organisme financier partenaire (factor) règle une partie de ses factures au comptant, le remboursement s’effectuant à l’échéance normale. Les frais de fonctionnement sont généralement composés d’une commission de service, payée par l’acheteur, et d’une commission spéciale de financement, à la charge du fournisseur. En plus de préserver son BFR (Besoin en fonds de roulement), le donneur d’ordre dispose d’un nouveau levier de négociations (prix, niveau de qualité, etc.) ou de fidélisation des fournisseurs, tout en respectant les délais de règlement. Pour leur part, les fournisseurs améliorent aussi leur BFR par une réduction de leurs créances clients, et sécurisent les paiements dans le cadre d’un processus encadré.

Qu’apporte un outil source-to-pay pour la gestion du reverse factoring ? Il peut d’abord se charger du pilotage de la démarche, lors de son implémentation pour identifier les fournisseurs éligibles et gérer leur enrôlement, puis au moment de l’exécution pour suivre les opérations. Un outil permet également, lors du processus de négociations, de monétiser les délais à travers un escompte en fonction du niveau d’optimisation du cycle de paiement. Enfin, surtout, il facilite la connexion avec les plates-formes électroniques dont disposent généralement les établissements bancaires qui proposent le Reverse factoring, permettant d’échanger et de traiter les factures le plus vite possible, via des liaisons EDI classiques. Ou avec les plates-formes des prestataires positionnés comme intermédiaires, qui proposent de gérer l’ensemble des problématiques : normes d’échanges de données, sécurité, mécanismes financiers, etc. C’est aussi dans une logique d’élargissement de leur portefeuille de services que des spécialistes en dématérialisation ou en gestion des flux, notamment autour des factures électroniques (Basware, Determine, Esker, SAP Ariba, Taulia, Tradeshift), se sont positionnés sur ce segment de marché.   

L’autre service de paiement en vogue, le Dynamic discounting, est apparu plus récemment. Bien que généralement proposé dans le prolongement du Reverse factoring, il répond plus directement aux problématiques d’achat, sans intervention d’un organisme financier. Son principe repose sur le calcul d’escomptes en temps réel, en fonction de conditions négociées avec les fournisseurs, selon différents scénarios de paiement anticipé. SAP Ariba et Basware avaient été parmi les premiers à le proposer, notamment à travers la palette de services disponibles sur leur plate-forme d’échanges collaboratifs (Business network), de même que des éditeurs historiquement positionnés sur le processus procure-to-pay comme Determine et SynerTrade. Logiquement, d’autres ont suivi. La gestion dynamique des escomptes figure ainsi dans les fonctionnalités de facturation-paiement de la dernière version des solutions de Coupa et d’Ivalua, qui l’avaient présentée parmi leurs principales innovations, fin 2015. Elle est également proposée par des acteurs plus modestes, comme Groupe Achats (Performance Achats) ou Oalia. Et même par certains éditeurs d’ERP. Le nouveau livre « Digitalisation des achats » d’acxias, à paraître en juin, présentera un comparatif des solutions sur ces deux sujets et sur d’autres fonctionnalités du domaine de la finance.