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Les intranets achats font de la résistance

Véritable cockpit pour les acheteurs, l’intranet métier poursuit sa mue pour proposer davantage de contenus et de fonctionnalités, en particulier sur les dimensions sociale et collaborative. Il tend aussi à devenir le point d’accès unique aux outils e-achats.

intranetRevigoré par la dynamique autour des plates-formes collaboratives et des réseaux sociaux d’entreprises (RSE), l’intranet retrouve sa légitimité aux achats. Selon la dernière étude de Faits & Chiffres/Groupe Solutions sur « Les responsables intranet, leurs projets et leurs budgets 2015 », réalisée en amont du salon Solutions Intranet & RSE qui s’est tenu fin mars à Paris, les décideurs métiers continuent en tous cas de croire au modèle. Après le ralentissement de 2014, qui a vu les efforts se concentrer sur la modernisation et la refonte des dispositifs existants, avec des budgets très contrôlés, un vent nouveau semble en effet souffler.

Dans plus de huit entreprises sur dix, les budgets qui seront consacrés aux projets intranets en 2015 repartent à la hausse (39 %, contre 32 % en 2014) ou sont maintenus (44 %), avec comme priorités d’optimiser le fonctionnement de l’outil, de le promouvoir davantage, de créer des contenus et, surtout, d’accélérer l’enrichissement fonctionnel. Pour ce qui est des intranets dédiés à certaines fonctions, les achats seraient particulièrement concernés. « Avec la communication, les ressources humaines et la veille, ils font partie des quatre fonctions les plus souvent engagées dans un projet de déploiement d’un intranet métier », assure Thomas Krotkine, directeur de l’éditeur spécialisé Inspheris, qui intervenait lors de la table ronde organisée sur le sujet dans le cadre du salon. En plus d’une mise en place simple et rapide, les directions des achats ont pris conscience des bénéfices à en attendre, par une diminution des délais (recherches simplifiées, accès à des modèles de documents, etc.) et la suppression des erreurs dans les informations manipulées.

Si la mise à niveau des intranets s’accélère, c’est qu’il y a urgence. L’état des lieux dans les 31 entreprises du panel – la moitié d’entre elles comptent plus de 10 000 collaborateurs et/ou opèrent à l’échelle internationale – révèle en effet un intranet « moyen » relativement modeste, centré sur la communication (organisation, procédures, stratégie, etc.) et les outils traditionnels (gestion de documents, annuaire, reporting, etc.), mais offrant peu de fonctionnalités sociales et collaboratives. A en croire les chantiers engagés ou budgétés sur les 6 à 18 prochains mois, ces deux derniers domaines devraient toutefois rattraper leur retard, pour faciliter le partage d’informations et permettre un travail simultané, par exemple lors de la rédaction d’un cahier des charges ou l’organisation d’un appel d’offres. L’intranet tend aussi à devenir le point d’accès unique aux applicatifs métiers, un aspect sur lequel la fonction achats serait plutôt en avance, bien aidée par les éditeurs e-achats qui proposent souvent des mécanismes pour faciliter l’interfaçage.

Au final, selon Faits & Chiffres, un rééquilibrage devrait se produire qui aboutira, à horizon de trois ans, à l’apparition d’un profil type d’intranet composé de trois grands blocs : social, collaboratif, production. Le lancement de blogs, forums, wikis et autres messageries instantanées figure également au programme de nombreux chantiers lancés par les entreprises. Enfin, la tendance serait au rattachement de l’intranet achats, comme de ceux des autres fonctions dans l’entreprise, à un intranet global et transverse abritant des déclinaisons métiers. Mais quel que soit le modèle, il est impératif que la direction des achats, comme chacune des fonctions concernées, garde la main sur l’administration et l’animation de son intranet. Le service de communication interne de l’entreprise, souvent mis à contribution par la direction générale, ne doit pas intervenir au-delà des aspects généraux : charte graphique, forme des contenus, suivi du trafic, etc.